Grand Débat National : des conférences citoyennes régionales pour reconnecter la société à la politique

Durant plusieurs semaines, les équipes de Missions Publiques et Res publica ont organisé, avec la mission Grand Débat, des conférences citoyennes régionales (CCR) dans plusieurs villes de France métropolitaine et les territoires d’outre-mer.

Cette initiative, mise en place dans le cadre du Grand Débat National, avait pour but de permettre à des citoyens tirés au sort d’exprimer leurs attentes au sujet de quatre thèmes forts : la fiscalité, la transition écologique, la démocratie et l’organisation de l’État et des services publics.

Il s’agit de la plus grande délibération citoyenne à l’échelle nationale jamais organisée et la plus ample en termes de sujets abordés. Pour Yves Mathieu, co-directeur de Missions Publiques, le but est de renouer le dialogue entre les citoyens et les élus : « Les gens expriment une réelle envie de parler politique de manière non partisane et respectueuse. Ils ne veulent plus être considérés comme de simples consommateurs des politiques publiques. En organisant des conférences participatives, en favorisant la prise de parole et le dialogue, l’État alimente l’intelligence collective citoyenne, et il en sort de belles choses ! »

Au total, 19 CCR ont été organisées dans chaque région. D’une durée d’un jour et demi chacune, elles se sont déroulées en faisant alterner des échanges de paroles en petits groupes de 5 à 7 personnes, épaulés par des facilitateurs bénévoles, et des séances plénières permettant de mettre en commun les idées développées. Une conférence spéciale dédiée à la jeunesse, regroupant des participants âgés de 18 à 25 ans, a également été organisée.

1404 personnes ont ainsi participé activement à ces journées en donnant leur avis sur les différents thèmes. Les participants ont été tirés au sort à partir d’une génération aléatoire de numéros de téléphone.

Parmi les propositions les plus souvent citées par les citoyens interrogés, on retrouve une demande de cohérence dans l’action gouvernementale et dans les politiques publiques, notamment sur la question de la transition écologique. « De nombreux participants ont mis en avant le côté injuste de certaines mesures d’État. Par exemple, on les culpabilise à cause de l’empreinte carbone de leur véhicule personnel, alors qu’un seul ferry Marseille-Ajaccio va polluer sans être taxé plus que des milliers de voitures roulant pendant plusieurs jours », a commenté Judith Ferrando.

La question de la production agricole de qualité, en lien avec la revitalisation des territoires ruraux et de la santé, a également été évoquée à plusieurs reprises. « On aimerait qu’un véritable effort soit fait au niveau de la revitalisation de nos campagnes. On voudrait pouvoir manger plus sainement, grâce à l’agriculture locale. Pour notre santé, bien sûr, mais aussi pour redonner de la valeur au travail de la terre », a déclaré une participante.

L’analyse de ces conférences citoyennes régionales a en outre permis de relever plusieurs points importants :

  • Les participants perçoivent l’organisation de l’État comme étant illisible et cloisonnée, et ressentent une profonde déconnexion avec les élus et les administrations publiques.
  • Bien que les participants ne se connaissaient pas et ont parlé depuis 13 régions métropolitaines et 5 de l’Outremer, une convergence très forte a été constatée entre eux ainsi qu’entre les régions.
  • 230 propositions ont été émises de manière organisée et claire, dans le respect et l’écoute de chacun, avec un très haut niveau de satisfaction à la sortie des réunions

Au final, l’organisation de ces conférences a permis de mettre en avant le désir des citoyens de participer à l’élaboration des décisions publiques et gouvernementales, en proposant des solutions concrètes, tenant compte de leurs expériences de vie et de leurs besoins de politiques publiques dans lesquelles ils se sentent directement concernés, même quand elles portent sur des enjeux internationaux.

Missions Publiques souhaite que ce Grand Débat mené par le gouvernement soit poursuivi, et soit considéré comme une étape dans l’avancement de la démocratie participative. C’est un élément nécessaire au renouveau d’un lien fort entre citoyens et décideurs, et à l’éclosion d’une vie publique adaptée à la société d’aujourd’hui, saine et positive.

Pour en savoir plus, la tribune de Judith Ferrando sur le Huffington Post :
https://www.huffingtonpost.fr/entry/nous-devons-continuer-a-faire-vivre-lintensite-democratique-du-grand-debat_fr_5cc308c3e4b0817069685121

 

 

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