Hans-Liudger Dienel, directeur de l’institut Nexus de Berlin explique que « les participants du débat sur l’espace veulent que l’on prenne en compte leurs opinions »

Interview avec Hans-Liudger Dienel, enseignant-chercheur, directeur de l’institut Nexus de Berlin (Allemagne), organisateur du débat allemand dans le cadre du Débat citoyen sur l’espace pour l’Europe.

Les citoyens ont un rôle à jouer dans l’élaboration des décisions sur la recherche en général, et sur le futur des activités spatiales en particulier. C’est ce qu’estime Hans-Liudger Dienel, enseignant-chercheur, directeur de l’institut Nexus de Berlin (Allemagne), qui a lui-même participé à l’organisation du Débat sur l’espace. Dans l’élaboration de ses décisions sur le futur de ses activités, l’Agence peut faire progresser sa légitimité et son image.

MP : LES OPINIONS DES EXPERTS NE SONT-ELLES PAS PLUS PERTINENTES QUE CELLES DES CITOYENS POUR PARLER DE L’AVENIRDE LA RECHERCHE SPATIALE ?

HLD : « Si l’on part du principe que le citoyen est le « souverain » des institutions européennes, alors, pourquoi ne pas impliquer ce « souverain »dans le nécessaire processus de décision sur l’avenir des politiques et de la recherche spatiale européenne. Cette perspective seule, suffit à justifier un processus de participation citoyenne.

Par ailleurs, les activités spatiales de l’ESA ont un impact important sur la vie quotidienne des citoyens. Les opinions des experts sont cruciales pour la définition des priorités de l’ESA. Mais les opinions de ceux qui financent ces activités spatiales et sont affectés par ces dernières devraient l’être tout autant. Les participants du Débat citoyen sur l’Espace pour l’Europe présentaient une grande diversité b géographique, sociale, démographique. Ils ont contribué au débat avec leurs propres opinions et expériences. Ceci doit être perçu comme un atout important. »

QUELS ENSEIGNEMENTS PRINCIPAUX RETENIR DU DÉBAT ?

« Tout d’abord, les participants sont favorables à la coopération. Ils souhaitent voir les secteurs privé et public travailler ensemble et voir les pays coopérer. Ils soulignent également le rôle que les organisations internationales peuvent jouer dans la régulation des activités spatiales.

Ensuite, ils souhaitent que les bénéfices des activités spatiales européennes soient largement partagés entre ces différents secteurs, en Europe et au-delà. Enfin, et encore une fois, ils affirment leur intérêt à participer, aujourd’hui et demain. Ils souhaitent que les décideurs de l’ESA et des Etats membres prennent en compte leurs opinions sérieusement. »

VOTRE AGENCE ÉTAIT EN CHARGE DE L’ORGANISATION DU DÉBAT À DARMSTADT, DIRIEZ VOUS QU’IL Y A EU DES DIFFÉRENCES ENTRE PAYS CONCERNANT DES QUESTIONS EUROPÉENNESOU GLOBALES ?

« Nous vivons une période de croissance des nationalismes. Pourtant, si vous donnez l’opportunité aux citoyens d’échanger et de délibérer à propos de la recherche et des politiques spatiales, la perspective supranationale en sort renforcée. En Allemagne, un pays avec une recherche et une industrie spatiales fortes, la prédisposition pour une vision supranationale était particulièrement perceptible, et peut être plus facile que dans d’autres pays. »

Propos recueillis par ED

 

 

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